Carnet de route
Séjour CANTAL juillet 24
Le 28/08/2024 par Daniel GOUALOU
Séjour Randonnée en CANTAL
A la découverte du plus grand Stratovolcan d’Europe
du 21 au 28 Juillet 2024
Club Alpin Français du Pays de LORIENT
Certains pays font entendre parler d’eux à cause de leur volcanisme actif : l’Islande avec son volcan le Litli Hrutur crachant ses laves depuis 3 ans dans la presqu’ile de Reykjanes, tenant en haleine des habitants de la capitale Reykjavik située à 40 km seulement de la faille ou récemment, cet été, l’ETNA en Sicile qui menace la belle Syracuse...
Les derniers cracheurs du feu de la terre ne se sont éteints... en France... il n’y a que 6000 ans seulement : Les Puys de Dôme constitués de 110 appareils éruptifs.
Et quand les nuages s’accrochent encore à leur sommet, on peut imaginer qu’ils fument encore... A quand le prochain feu d’artifice ?
Quant au « vieux » Le CANTAL... A quand un nouveau cycle magmatique va-t-il à nouveau le secouer ?
En attendant cette secousse, nos randonneurs Lorientais se sont insinués dans ses plis et crêtes ravinées par les siècles de glaciation du dernier épisode qui n’épargna pas les Alpes : dernier coup de rabot il y a 15000 ans.
Pour ce Lundi 22 juillet : mise en bouche avec une boucle autour des lacs de Montcineyre et Pavin. Un petit crachin écossais nous accompagne dans la forêt épaisse de conifères de Besse. Un répit /pique-nique nous permet d’admirer la parfaite courbe de ce cratère d’explosion appelé phréatomagmatique... né de la rencontre à haute température entre le magma et une nappe d’eau : vaporisation instantanée de l’eau et explosions très fortes des roches de lave... Vaut mieux s’éloigner des lieux du spectacle, alors ! Ce que n’ont pas manqué sans doute les premiers Arvernes, premiers auvergnats... Par Toutatis et Bélénos !
Pour ce Mardi 23 juillet : visite au « vieux » ! He oui ! Il a rendu son dernier soupir il y a 2 millions d’années... mais ça a duré quand même 20 millions d’années d’éructations ! L’était coriace, le Papé... Tel une rose des vents, le vieux s’est épanché de tous côtés ! Il a pris ses aises sur une surface de 2500 km²... Quasiment l’équivalent de son département !
Pour une belle balade sur ses crêtes « alpines », nous démarrons dans le cirque de l’Impradine, au nord du Puy Mary, entaillé lui aussi par une brèche de Roland... Ici, ce n’est pas du calcaire comme à Gavarnie, mais du Gneiss, plus coriace... Et Roland a dû y briser plusieurs épées ! Hein ! Par Toutatis et Bélénos ! Nos pas nous guident, de gentiane et gentiane, sur la croupe du Peyre -Arse ( alt 1806m)... Pour un panorama exceptionnel sur les anciennes auges glaciaires, sources de belles rivières aux noms enchanteurs : Santoire, Jordanne, Cère, Alagnon, Rhue... Un véritable château d’eau ! Dernière grimpette au Téton de Vénus ! Ha ! la belle déesse grecque ! Ça valait bien un petit coup de jarret pour voir la belle !
Pour ce Mercredi 24 juillet : depuis notre camping d’Allanche, nous allons cette fois-ci suivre les pas de la reine des alpages : la vache Salers, elle-même issue de l’ancêtre des bovidés, à savoir l’Aurochs, datée de 7500 ans avant J.-C. : en voilà un témoin des dernières éruptions des « Puys » ; ça a peut-être du lui faire cailler le lait dans ces circonstances ! Dans ce gros bourg du Cézallier, on y fête avec passion leur montée en estive fin mai de chaque année... Long de 35 km et large de 15 km, cette « Haute Terre » aux airs écossais est une planèze ou plateau basaltique culminant au « Signal du Luguet » (Alt 1550m), lui aussi un ancien Stratovolcan éteint. L’on y entendrait la Cabrette : la cornemuse des auvergnats... à l’abri des burons, anciennes fruitières ou l’on fabriquait le fameux « fromage Salers fermier »... Mais nos vaches locales y partagent aussi ces verdoyantes prairies avec les cousines Aubrac et Montbéliardes, spécialisées dans le non moins célèbre « St Nectaire » ! Y’a de la concurrence au pays ! Une jolie boucle autour des Montagnes de Courbières et de Pradiers ceinture les tourbières ou Sagnes fleuries... Patrice, à l’œil affuté, y saisi la présence discrète d’un renard à l’affut près du buron de Bel-Air ! Goupil se sent bien ici aussi comme chez lui. Et Armelle et Daniel y avait observé son jeu furtif à la chasse débridée au lièvre lors d’un autre séjour à ski nordique en janvier 2021... Pas d’hivernage pour nos compagnons... dans cette contrée parfois polaire cependant !
Pour ce jeudi 25 juillet : à force de croiser notre vache préférée aux cornes en lyre et aux yeux sombres d’andalouse, nous décidons d’aller visiter son village d’origine, à savoir la cité de Salers, installée sur sa butte basaltique et tournée vers le « Puy Violent » ! Dire que ça a du chauffer sous ses remparts à une certaine époque face aux incursions des « routiers anglais » en dérive sur les routes vers l’Aquitaine dans les années 1500 . . .
Nous y croisons la statue de Tyssandier d’Escous, l’agronome et éleveur et restaurateur de la race bovine Salers. Son système de sélection aboutit à une race stable et bonne reproductrice dont les maquignons « intraitables commerçants » reconnurent leurs qualités, ce qui engendra une certaine inflation lors des négociations aux comices agricoles... Top là ! Va pour la « rousse » de Fontanges !
Nous effectuons « notre ronde de Salers » dans les pas des troubadours venus « égailler » les rencontres paysannes des Grandes Foires comme lors de ces comices qui se tenaient à la St Michel chaque année au foirail.
Pour ce vendredi 26 juillet : nous avons rendez-vous à la célèbre Montagne de Janson (Alt 1298m) ; c’est à dire au cœur du Cézallier, au village de La Godivelle... Histoire d’éviter la foule : Ah ! Oui ! 16 habitants... pour 15 km² ! Et encore tout le monde n’est pas vacher ! Mais elles sont bien gardées... par quelques barbelés affutés. Mais le joli PR qui fait le tour par les villages de Brion et Jassy est pourvu d’escabeaux rigolos que le taureau aura du mal à franchir ! Ce que redoutaient Nadine et Patrice en proie avec de vieux souvenirs de vaches espagnoles « un peu folles » ! Petite visite au Lac d’en Haut, ancien « maar » qui comme celui du Pavin a laissé un cratère aujourd’hui inoffensif... Nos enfilons nos besaces sur le GR 30, pittoresque sentier /boucle de 200 km du Tour des Volcans et Lacs d’Auvergne. Armelle et Daniel se souviennent encore des bourrasques du Chire descendu du Sancy voisin qui les avaient secoués sur leurs skis toute une journée de décembre 2020.
Mais aujourd’hui, nous cherchons plutôt à fuir la canicule qui s’installe et Armel est toujours à la recherche de champignons léchés par les dernières limaces qui viennent se rafraichir dans les sous-bois. Petite pause au Bistrot « Très Lalla » au village de Brion tenu par un couple « so british » de sa majesté Charles III... Dans un petit boudoir joliment « cosy » ! De la Motte de Brion Haut (Alt 1277m), notre regard tournoie avec l’horizon du massif du sancy au nord et des Monts du Cantal au sud... Comme un épicentre qui a été peut-être sismique.
Pour ce samedi 27 juillet : Nous doublons gentiment les cyclistes qui viennent tenter le fameux « Pas de Peyrol », col emblématique du Cantal et nous garons au col voisin de Redondet. Notre premier regard plonge sur la belle hêtraie du Falgoux, installée sur les à-pics de son cirque... Encore une autre auge glaciaire d’où descend Le Mars, petit torrent issu du Puy Mary. Mais au-détour du la bosse de Chapelune, nos yeux sont attirés irrésistiblement par le Grand Dome de phonolithe du Roc d’Hozières ( alt 1614m) : vision yosémitique qui n’est pas sans rappeler le Half Dome du Capitan de la Sierra Nevada en Californie... Les grimpeurs auvergnats aurait-il trouvé leur graal ? Justement, nous croisons un jeune grimpeur au cairn sommital qui vient de gravir « Bulle d’ Hozière » (longueur 240m) en solo (cad contre-assuré par sa corde). Chapeau !
Une petite ascension nous conduit sur le plateau accueillant de Roche Taillade ( alt 1650m) ou l’herbe grasse nous invite au pique-nique . De là, nous savourons l’espace dégagé de la grande vallée alpine de l’Aspre, autre torrent qui va se perdre vers les douces collines de la Dordogne. Mais reste un dernier « Puy » à conquérir : le GR 400 nous y conduira ; ce chemin de crête qui fait le Tour du Massif Cantalien est une belle invitation pour de prochaines escapades... pourquoi pas hivernales ! Le Puy Chavaroche (Alt 1736m) installé sur sa tour de basalte fait face à un autre dôme de phonolite : Le Puy Griou : belle canine dressée qui vient percer la mandibule de ce vieux chicot de stratovolcan.
Par Toutatis et Bélénos ! Mais en face, le Plomb du Cantal (alt1855m – plus haut sommet des Monts du Cantal)) saura combler le trou de cette carie avariée ! Par Toutatis et Bélénos !





