Carnet de route

Rando raquettes Mont Pelvoux (jan 2026)

Le 01/02/2026 par Daniel GOUALOU

Séjour Randonnées à raquettes – Au Pays du MONT PELVOUX

Massif des Ecrins – Du 11 au 17 janvier 2026

Club Alpin Français du Pays de Lorient

 

Après avoir «  raquetté » sur les somptueuses pentes du Plateau d’Emparis l’an dernier, côté nord, nous voici accostés sur une autre page blanche de cet Oisans sauvage ! Cette fois-ci côté sud, en ce début de nouvelle année. Là-bas, la silhouette altière de la «  Reine MEIJE » avait rempli notre horizon de sensations d’inaccessibilité, nous plongeant comme les habitants de Villar - d’Arène dans son ombre glacée.

Cette fois-ci, nous avons posé notre camp de base à Valouise-Pelvoux, nouvelle commune du Briançonnais, en région Provence Alpes Côte d’Azur... Tout un programme déjà dans cette dénomination sympathique...

Hé oui ! En ce dimanche 11, Un beau ciel provençal nous a cueilli au Col Bayard, situé sur la route « Napoléon »... De quoi dérider « les Mous du Genou » par un échauffement en douceur. Les pentes du « Vieux Chaillol » illuminaient au loin l’horizon du Champsaur, ancienne vallée glaciaire ou se faufile le Drac.

 

Lundi 12... Au premier petit déjeuner à l’Auberge La Blanche, nous avons le plaisir de faire connaissance avec «Nico », notre nouvel accompagnateur... Qui remplace « à raquette levée », notre « accompagnatrice préférée Cathy » empèchée par un mauvais parasite qui la cloue au lit pour quelques jours... Nous espérons pour elle.

Notre programme prévoit trois journées de randonnées en étoile avant de monter en refuge pour se dépayser vraiment. Nous sommes vraiment chanceux, car aux dire de Karine et Laurent, les propriétaires de l’auberge, l’ enneigement était déficitaire sauf en haute altitude la semaine dernière.

Et pour cette première « Rando-Etoile », Nico nous entraine vers les petits villages, anciens chalets d’alpages, de la Station du Puy Saint Vincent... De Prey d’Aval en Prey d’ Amont, nous nous hissons dans les mélezaies du « Grand Bois ». Nous croisons quelques skieurs de « fond » ou de « rando »... échappés solitaires.

Et du col de La Pousterle, nous devinons les premiers sommets du Briançonnais qui canalisent la haute vallée de la Durance, fleuve majeur des Alpes du Sud. Nos efforts sont enfin récompensés à l’arrivée au « Belvédère des Tètes » (alt 2044m).

Ce promontoire domine la confluence avec le torrent du Fournel... Dont la vallée est connue pour ses anciennes mines « argentifères », ancienne activité économique renommée.

Nico nous fait découvrir « son pays » d’adoption... côté Est, les premières « Bornes » du Queyras voisin comme le Pic de Béal Traversier ... Et en horizon tout au fond : la canine du Pic de la Font Sancte (alt 3371m) Point culminant du Queyras et de l’Ubaye : autre massif propice aux balades à raquettes aussi.

Côté Nord : le haut rempart sud du Mont Pelvoux et son fameux glacier « des Violettes » et à l’Ouest : la longue échine de l’interminable crête de Dormillouse ; justement derrière laquelle se cache le village de Dormillouse et son refuge «  des Vaudois » ou nous devons « échouer » en fin de séjour. De son oreille aux aguets, notre accompagnateur nous fait lorgner à la jumelle sur le ballet aérien des jolis becs-croisés à la robe orangée, petits « fringilles » qui virevoltent d’une branche à l’autre des conifères à la recherche des graines des pommes de pin qu’ils extraient avec leur mandibules démanchées : kipp ! Kipp ! Kipp !

 

Mardi 13... Lorsque nous montons ce matin vers Le Puy St Vincent 1400, la chapelle St Romain est déjà illuminée de soleil, malgré sa situation sur l’ubac de la station. Nico nous fait chausser nos « sabots de géant » et bipe nos Arvas, car notre sortie va nous faire gambader dans le vallon de Narreyroux, longue combe exposée sous les hautes Pointes de Neyzets (alt 3247m). Petit coup de rein pour nous hisser au-dessus des barres rocheuses du Rouchas.... Ouf ! Du raide pour commencer, mais ça s’aplanit à la cote 1600 et sur la piste forestière supérieure ! Nous nous laissons guider au clapot du Torrent de la Combe caché par des congères «sournoises ». Mais que là ! Nico trouve la passerelle pour atteindre les chalets d’alpages de Narreyroux justement, judicieusement installée sur son adret. Et nous voilà échauffés pour grimper vers « Le Michel » (alt 2044m), petite épaule de la longue crête de Serre La Barre. De nombreuses traces d’animaux parsèment ces pentes abritées et exposées sud... Pour Nico, la lecture de ces empreintes est un jeu de devinettes qu’il nous pose... avec malice ! Qui de l’écureuil ou du lièvre ou du renard... Le sentier du « canal » nous ramène tranquillement vers la chapelle St Vincent. Nico nous fait toucher du doigt les éléments du paysage et de ses usages qui ont changé avec l’arrivée de « L’Or Blanc » ; Comme ce canal abandonné, autrefois utilisé pour irriguer les cultures remplacées par les forêts et les pistes de ski. 

 

Mercredi 14... Notre auberge « La Blanche » est comme son nom l’indique situé en face du sommet majeur « La Blanche » (alt 2953m) qui domine Vallouise et sa petite station du Pelvoux. Mais le profond ravin « du Goitreux » nous en laisse simplement deviner les dernières pentes... Drôle de nom pour ce sombre talweg, mais qui indique bien un « certain mal » dont souffraient certains montagnards qui souffraient de l’absence d’iode dans l’air alpin... Venez-y à la mer, les montagnous !

A défaut d’air marin qui ne nous fait pas défaut sur nos rivages bretons, notre balade du jour nous fait démarrer du haut village de Puy -Aillaud, sentinelle posée sur son rognon ensoleillé ; ceci dit mais avec un certain retard, car Armelle et Daniel ont oublié leurs raquettes au gite : Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ceci dit... Notre balade du jour nous laisse apercevoir l’abrupt des fameuses Tenailles de Montbrison ou certains grimpeurs lorientais y ont laissé des souvenirs d’escalade « épique »... Lors de nos séjours d’été à Ailefroide, site majeur de grandes voies posées au pied du Mont Pelvoux.

Surprise au détour d’un petit chalet d’alpage du Chatellard : le simple chuintement assourdi de nos traces fait déguerpir quatre chevreuils en goguette de recherche de « nourritures terrestres ».... Excusez-nous ! Pour ce dérangement involontaire !

La douceur des derniers jours se fait sentir dans la trace, car malgré le regel nocturne, nous commençons à compter nos pas... N’est-ce pas Nico ? Nos « vaillants randonneurs » ne se sentent pas partir à la conquête de  « L’inutile » comme le disent certains alpinistes. La contemplation fait partie du jeu aussi... Surtout lorsque nous nous faisons survoler par des « libéristes » qui planent sur nos têtes : toute voile dehors et skis aux pieds : belles sensations sans doute ! Mais les remontées mécaniques ne sont pas très loin... les transportant jusqu’à 2100m d’altitude !

Pour la descente : Nico nous laisse le choix soit faire notre trace chacun... à dévaler en ramasse et toute gaieté, ou reprendre la trace de montée ou le tassement déjà imprimé de la neige rend la progression moins exigeante ! ! ! Car là, la mollesse du manteau neigeux, type gros sel, doit demander une certaine maitrise pour les skieurs !

 

Jeudi 15... Ça y est : cette fois-ci, nous allons faire notre emmontagnée hivernale !

Lorsque nous quittons nos véhicules au Pont du Laus, nous avons l’impression d’être arrivé en Norvège. Le « Biaysse » faufile ses flots sous la glace et le haut et sombre canyon de la vallée de Fressinières nous accueille de son vif air polaire. Pas surpris de croiser des « Cascadeurs - glaciairistes », piolets et cordes en bandoulière, rejoignant leur « Graal ». Nous rejoignons aussi notre refuge par le chemin d’hiver, plus raide mais moins exposé aux risques d’avalanches... Mathilde vient juste d’ouvrir cette semaine et son « refuge de l’Ecole » accueille ses premiers écoliers dans sa cour de récrée ! Dormillouse (alt 1700m) est le seul lieu habité de façon permanente parmi les treize hameaux de la commune. Habité par « les Vaudois » dès 1300, ceux-ci ralliés à la réforme, se sont réfugiés dans ce lieu ; malgré cela, ils ont été poursuivis par les troupes de l’archevèque d’Embrun. L’édit de Nantes a ramené un peu de paix... Ce qui n’a pas empèché des migrations vers la Suisse et l’Allemagne et plus récemment vers l’Algérie. En après-midi, Nico, jumelles en bandoulière, nous entraine sur l’adret des Crètes de Dourmillouse ; celles-ci laissent entrevoir de larges pentes sans neige, propices au broutage des chamois et autres ongulés. Mais notre recherche de rencontres sera vaine en ce sens ; les petites sentes de cet adret montrent le travail acharné et humble de ces agriculteurs de montagne qui ne laissaient aucun lopin de terre en friche. De la terrasse du refuge, nous pouvons admirer la belle silhouette « dolomitique » de la Tête de Gramuzat (alt 2445m) d’où s’écoulent de raides couloirs de neige et de longues cascades de glace, sur près de 800m de dénivelé : beau spectacle de fin de journée sur ces faces nord irradiées par un couchant somptueux.

 

Vendredi 16... Le plombier ayant remis le chauffage au refuge, Mathilde la gardienne a pu nous offrir hier soir un confort tout convenable... y compris la douche. Et de dormir dans une salle de classe, ce n’est pas courant ; en tous cas, nous n’avons pas eu de devoirs à rendre pour aujourd’hui et nos ronflements n’ont pas dérangé l’instituteur. Mais un « autre devoir » du jour nous a été concocté par Nico, notre accompagnateur « un brin instituteur », tant il reste en verve d’anecdotes diverses sur ce milieu qu’il chérit ! Il nous invite ainsi à une balade ou il a déjà guidé ses propres enfants... Pour dire qu’elle semble accessible à tous ! Mais que nenni, car nous sommes au cœur de l’hiver et que là, la petite balade devient « grande aventure » pour les petits écoliers lorientais. Un ciel matinal auréolé de moustaches de chat nous annonce une dépression proche. Nous prenons cependant nos bâtons de pèlerin et franchissons la cascade vertigineuse du Chichin ; le sentier nous emporte dans ses zig-zags vers le Lac de Palluel (alt 2471m), but de notre rando du jour... Mais au bout de deux heures de grimpette, les premiers flocons viennent nous gifler sur le plateau à découvert, augurant un terme à notre balade. Perchée à 2173m, la cabane de berger de Palluel nous tend ses bras de réconfort et son poêle salvateur ! Merci au berger qui laisse ouvert ce «  petit refuge de fortune » aux randonneurs hivernaux. Mais Aie ! Aïe ! Aïe ! Petite déconvenue de notre guide : satisfait de démarrer une flambée qui devait se révéler joyeuse... Il s’aperçoit que le berger a enlevé le tuyau de raccord au conduit de cheminée et nous voilà dans le fumoir ! Pouf ! Pouf ! Pouf ! Si un garde du Parc des Ecrins passait par là, il nous signerait sans doute une amende !

Bon ! la visibilité se réduisant, Nico change son projet de rando et nous décide de redescendre pour découvrir les grands alpages de Chichin, situés plus bas. Mais une centaine de mètres plus bas notre gaillard s’arrête soudain et se met à ramasser du bois mort des mélèzes engourdis et « à la scout », nous fait une jolie flambée dans un creux de neige... Histoire d’avoir quand même tenu sa promesse ! Une pause inattendue dans un endroit incongru... Sacré instit qui ébahit ses écoliers montagnards ! Bon ! On n’en parle pas aux gardes du Parc ! Hein !

 

Samedi 17... Tarot et Rumixcube ont bien occupé la soirée d’hier... qui a rassemblé les « vieux écoliers bretons » et les « jeunes écoliers alpins ». Hé oui, notre gardienne avait invité ses deux jeunes neveux malicieux Félix et Marius... Décidément, ces montagnes provençales ont gardé le goût de leurs typiques prénoms qu’elles attribuent à leurs enfants... Peuchère et bien tant mieux !

Après une descente «  les pieds dans la ouate » depuis ce petit paradis, nous quittons notre guide... Qui va retrouver sa prochaine classe d’écoliers dans le Val Maira proche, petit coin d’Occitanie perdu en Italie...

Kenavo à Nico... Et Merci !

 

Signé « Les mous du genou » : Françoise, Marie-France, Marie Paule, Marie Jeanne, Armelle, Philippe et Daniel...

 

Lorient le 28 Janvier 2026

 







CLUB ALPIN FRANCAIS DU PAYS DE LORIENT
MAISON DES ASSOCIATIONS
5 PLACE BONNEAUD
BOÎTE 27
56100  LORIENT
Activités du club