Carnet de route
Séjour Raquettes en itinérance dans les Pyrénées (fév 2026)
Le 24/02/2026 par chantal Esvan et Edith Le Capitaine
Séjour Raquettes en itinérance dans les Pyrénées
Notre séjour raquettes s’effectue, cette année, en itinérance un jour sur deux, avec portage du sac à dos, sur une semaine, du 1er au 8 février près de Font Romeu, dans les Pyrénées orientales.
Les deux minibus et les 18 Cafistes ont quitté la région lorientaise, aux aurores, le dimanche matin pour rejoindre le chalet du Ticou à Bolquere vers 18h30 pour les uns et 19h30 pour les autres. Des routes coupées ont provoqué des embouteillages monstres dans les gorges avant Font Romeu.
Le site de La Bollosa, aussi appelé petit Canada pyrénéen, est un massif idéal pour pratiquer la raquette à neige en toute liberté et en douceur, dans des paysages extraordinaires et inoubliables. La neige, cette année, est particulièrement abondante : il n’y en aurait pas eu autant depuis 18 ans, nous a-t-on dit sur place.
Lundi 02 février : du Pla des Aveillans aux Bouillousses
Nous quittons le chalet du Ticou à Bolquere en minibus pour rejoindre notre départ de randonnée au parking « Pla des Avellans » à 1721m d’altitude.
Nous prenons pelles, sondes et DVA et nous chaussons nos raquettes pour une première journée d’itinérance qui va nous conduire progressivement jusqu’au barrage des Bouillouses, sur un plateau perché à plus de 2000 m d’altitude en passant par l'estany de la Pradella.
Il ne fait pas chaud et nous commençons à monter tranquillement dans les bois. Peu à peu, le ciel se charge et les premiers flocons apparaissent. La visibilité diminue. Nous faisons une courte pause vers 12h30 pour pique-niquer sur le bord du chemin, puis nous repartons sous un mélange de neige, de pluie et de brouillard.
Vers 1900 m, nous quittons les pins sylvestres pour les pins à crochets (Pins Mugho) ; au dessus de cette altitude, ce sont les seuls arbres à pousser. Nous rejoignons ensuite le plateau qui nous offre des points de vue ouverts sur les sommets environnants. Le ciel se dégage enfin un peu.
Apres avoir traversé le barrage, nous arrivons au refuge des Bouillousses au pied du lac. Nous avons, du refuge une vue saisissante sur les sommets du Pic Carlit (2 921 m) et du Pic Péric (2 810 m).
Construit au début du XXᵉ siècle pour loger les ouvriers du barrage, cette bâtisse devient un refuge dès les années 1920. Il est géré par le CAF et a été rénové entre 2018 et 2022. Cette étape de 6,5 km pour environ 300 m de dénivelé positif a permis de trouver le bon rythme tout en profitant pleinement des panoramas.
Mardi 03 février : Plateau du Carlit
Notre deuxième journée nous fait évoluer dans le désert blanc du Carlit jusqu’à 2250m d’altitude. Quel plaisir de marcher avec un sac allégé ! Et, comme tous les matins, nous vérifions que les DVA fonctionnent.
La matinée est très fraiche lorsque nous partons pour notre randonnée autour des lacs du Carlit. Le temps est couvert et le vent bien froid, le matin. Les bourrasques nous bousculent en passant le barrage.
Au bout de 45 min de montée à raquettes à travers les sapins, nous débouchons à découvert sur un vaste plateau où nous rencontrons les premiers lacs blancs de neige : l'Estany Nègre et l'Estany del Viver, puis l’estany de les Dugues.
A la pause repas face au Carlit, le temps se dégage peu à peu et nous finissons la journée sous un beau soleil. Au retour, nous longeons l’Estany de la Comassa avec une belle vue bien dégagée sur les sommets. Après 8,5 km de marche et 250 m de dénivelé, nous retrouvons avec plaisir le refuge des Bouillousses.
Mercredi 04 février : des Bouillousses aux Camporells
Nous partons à 8h30 aujourd’hui, car c’est une longue journée qui nous attend pour rejoindre le refuge des Camporells. Il fait -7 degrés aujourd’hui et des flocons de neige accompagnent notre départ. Le ciel se dégage peu à peu et au bout d’une heure, soleil et ciel bleu nous accompagnent.
Le paysage est superbe. Des sapins et de la neige à perte de vue. Et puis, nous apercevons à l’orée du bois à flanc de colline, un jeune cerf, cherchant sa nourriture. Il nous regarde un moment, puis s’éloigne tranquillement.
Trouver une bonne trace, sans s’exposer aux risques d’avalanche ni marcher sur les lacs enneigés, pour arriver au refuge n’est pas évident. Il nous faut contourner l’étang de la Basseta puis longer l’Estany del Mig .C’est au bord de cet étang que se trouve le refuge, à 2240 m d'altitude aux pieds des 2 Pérics, Les Camporells forment un joli plateau à 2240 mètres d'altitude mais, en plein hiver, la neige recouvre toute la zone et les lacs gelés sont à peine visibles. Il nous aura fallu 9h pour effectuer les 9km et les 300 m de dénivelé positif.
Le confort du refuge est très sommaire : un grand dortoir de 24 places, pas d’eau courante, une seule toilette sèche, mais deux poêles à bois qui nous fournissent une chaleur bien agréable.
Si les petits déjeuners se révèlent un peu spartiates, les repas du soir sont bons et copieux.
Jeudi 5 : Autour des Camporells
2h 30 de randonnée et 3km autour du refuge. Nous contournons le lac Estany del Mir par la droite et entamons une large boucle autour du lac Estany Gros.
La météo est très mauvaise : rafales de vent, averses de neige...
Nous rentrons pique-niquer au refuge. Quelques téméraires profitant d’une fenêtre météo, alléchés par la promesse d’un magnifique panorama avec cascade, SVP, tentent une échappée dans l’après-midi mais reviennent moins d’une heure après, une soudaine tempête de neige ayant ruiné tout espoir d’entrevoir le moindre bout de cascade, On en rêve encore !
Vendredi 06 : Des Camporells au parking des Aveillans
Nous quittons le refuge vers 8h30 pour une longue journée de marche avant de rejoindre notre chalet du Ticou à Bolquère.
Surprise : il fait froid, -5 degrés mais le ciel est bien bleu. Quel plaisir de s’élancer sur le chemin du retour dans le calme feutré des matins de neige fraiche, avec une vue très dégagée. Beaucoup de montées et de descentes dans un paysage magnifique avec des étendues de neige à perte de vue.
Vers midi, le ciel se couvre, le brouillard recouvre les massifs autour de nous ; aussi, nous raccourcissons la pause déjeuner et remettons des vêtements chauds pour continuer.
Nous quittons progressivement les hauts plateaux enneigés pour retrouver un paysage plus doux et vallonné.
Après un dernier regard aux grands espaces du plateau, nous basculons sur un versant plus forestier. L’itinéraire d’environ 13 km avec 200 m de dénivelé positif et 700 m de dénivellé négatif, emprunte ensuite un joli vallon et un itinéraire descendant au cœur d’une belle forêt de sapins.
Nous prenons ensuite pendant quelques kilomètres la route ennneigée qui nous conduit rapidement au parking du « Pla des Aveillans ».
Nous rejoignons notre point de départ en milieu d’après-midi, vers 17h00.
Samedi 07 et dimanche 08 février
Journée de repos le samedi avant de reprendre la route tôt le dimanche matin.
Nous en profitons, qui pour ranger le matériel, qui pour se délasser dans les sources d’eau chaude, qui pour se balader et ramener quelques souvenirs.
Nous sommes ravis de ce séjour qui a montré une bonne cohésion du groupe, dans une bonne ambiance, et beaucoup d’entraide et de bienveillance entre les participants. L’itinérance avec le port du sac était une première expérience pour quelques membres du groupe ; ils sont revenus ravis et conquis.
Merci encore à Allain et Roger qui ont su nous encadrer et nous faire partager leur connaissance de la montagne. Merci à tous ceux qui se sont impliqués dans la préparation et la conduite des randonnées, la réservation des gites et des minibus. Merci aux membres du groupe qui ont construit les traces dpour les autres participants, dans la neige fraiche et abondante. Merci aux chauffeurs des bus qui se sont relayés avec des conditions de conduite parfois difficiles.





