Carnet de route

Séjour ski de rando Cerces mars 2021

Le 23/04/2021 par GOUALOU Daniel

Séjour Ski de randonnée... 28 février au 6 mars 2021

Massif des Cerces / Mont Thabor – Hautes Alpes -

Club Alpin Français du Pays de Lorient

 

 Initialement prévu en Valli Maira en Italie, en Occitanie lombarde... Cette escapade alpine n’a pas franchi... le col du Mongenèvre ! Ciao et à l’année prochaine pour gouter au minestrone de la Locanda Mistral de Ponte Maira.

   Mais qu’importe ! La Haute Clarée et ses clapotis argentés se laisse franchir au Pont de Rately en ce lundi 1er mars... Un ciel provençal prometteur a guidé nos skis depuis Névache, ancienne seigneurie des Bardonecchia ! La ville italienne du mème nom, située à 15 km à vol d’oiseau, nous rappelle les liens alpins forts entre populations si voisines et parfois au destin historiquement mèlé comme au temps du Dauphin de France, au XIVème siècle.

 

Le raide toboggan qui conduit au refuge de Buffère donne un peu le tournis ! Etonnamment, Claude le gardien a allumé son poele devant l’entrée du refuge. Cet accueil original permet de se chauffer les petites mains sans avoir à rentrer dans les lieux... Ce qui n’est pas autorisé en journée ! Si une petite soif se manifeste, il suffit de commander et illico presto, la commande surgit et vient se déposer sur les tables dispersées sur la prairie enneigée. Merci pour cette attention... Mais Pierre, notre guide pyrénéen, nous entraine déjà dans son sillage sur la trace de Léo. Le massif des Cerces culmine au Grand Galibier (3228m), et son col célèbre ; mais aussi réputé pour ses escalades calcaires et dolomitiques connues des grimpeurs : Roc Termier, Rochers de St Crépin, Aiguillette du Lauzet... Quelques zigzags nous conduisent sur la crète de l’Echaillon... Et ses chaos rocheux ! Ainsi perchés à 2578m d’altitude, nous commençons à prendre connaissance « de visu » avec notre terrain de jeu des prochains jours... Et entre autres Pierre, en professionnel, dévisage déjà les pentes propices à nos prochains « runs » ! Tiens, justement ! En guise d’échauffement, un slalom dans la mélezaie nous permet de vérifier nos réflexes et essayer de maitriser nos trajectoires aléatoires... Que du « Fun » !

 

  Conçus comme petit village d’alpage, les chalets de Buffère comprennent un refuge principal et plusieurs chalets attenants ; pour des raisons d’organisation « sanitaire », chaque groupe gravite dans son périmètre « de sécurité ». Nous avons ainsi la chance d’avoir notre tablée dans un salon annexe avec petit poêle ou la flambée nous attend avec plein d’ardeur ! Nous voilà « cocoonés » ! Ce soir, Pierre qui a acquis une longère dans la campagne béarnaise avec 7000 m² de prairie, nous fait une description cocasse de ses débuts de jardinier et ses essais avec la Grelinette. L’outil parfait que tout « planteur de chou kale » doit savoir maitriser ! Et qui permet de remuer les mottes de terre en douceur, voir déterrer, sans brusquerie, les lombrics au regard langoureux !

 

  La magie de l’hébergement en refuge, en dehors de pouvoir partir skis aux pieds, est que, y compris la nuit si la lune apporte sa touche « rêveuse », est d’être réveillé par les premiers rayons de soleil dès l’aube ; et en ce matin de mardi 2 mars, il illumine déjà le Col et la Pointe de Buffère vers lesquels nous dirigeons nos traces. Beau vallon nordique le long du ruisseau et ses cascades assourdies dans leur matelas de neige dorée... Nous avions déjà remarqué hier la consistance particulière des cristaux type Gros Sel de cette neige ; mais ce matin, ça saute aux yeux que la dorure crème de ces cristaux… n’a rien de « nordique », mais tout le contraire, avec un soupçon de vent saharien qui serait venu depuis ses lointaines oasis saupoudrer de ses ocres la couette alpine.

Petit inconvénient : du coup, ça botte sous certains skis qui demandent un fartage des peaux ! ! ! Aie ! Aie ! Aie ! Le château de « sable/neige » de la Pointe de Buffère, figée comme une vague, est gravie comme la Dune du Pilat ! Cependant une mer blanche écume son versant nord et attire nos spatules, laissant l’heureuse sensation de virevolter comme des chamois dans leur élément naturel... Une deuxième ascension nous fait grimper à la Crète de Baude, autre dune de « Merzouga » ! De là, nos regards plongent vers les Hautes tours des Crètes du Diable, petites dolomites briançonnaises Et de façon agréable, nos glissades, coté soulane, sur cette moquette dorée, sont un vrai plaisir : fond dur et gerbes d’or... pour nous faire atterrir à la terrasse du refuge. Une belle journée de ski saharien ! As -Salam Aleykoum ! Que du « Fun » !

 

  Ce matin de mercredi 3 mars... Un ciel plombé de blanc laiteux nous fait changer de continent ; Si ce n’était que la silhouette des montagnes offre leurs contours, nous nous croirions au plat pays de Jacques Brel... Mais ici, pas de risque qu’un canal se perde ; ou alors le canal calédonien qui divise les Lowlands des Highlands en Ecosse. Pierre nous dirige cette fois vers la montagne de Cristol et ses lacs et sa Porte. Le rideau blafard se dissipe peu à peu et nous avons la belle surprise de porter le regard jusqu’au massif de la Meije et de toute évidence, l’arète Est du Pic Gaspard déroulant sa lourde échine comme un dinosaure endormi. Piquenique au pied de l’arète du Gran Aréa ( 2869m) et long « run » de traversée des Sagnes Noires : amusant saute-mouton comme une trajectoire de surf ou il faut se relancer de colline en colline sans trop perdre d’altitude... Et finir par quelques virages en accro-branche dans les bois de mélèzes ! Que du « Fun » !

 

 

 

  Grand regel dès potron-minet en ce matin de jeudi 4 mars... Il nous faut mettre les couteaux aux skis à la sortie du refuge pour gravir l’échine raide de la Crète de Baude ou nous avions glissé avec ravissement l’autre jour. Le sac est plus lourd, car nous changeons de refuge avec notre barda dans celui-ci ! Mais le dénivelé sera plus « soft » ; le refuge de Laval, notre point de chute se trouve quasiment à la mème altitude que celui que nous quittons. Cette errance longe la longue Crète de Queyrellin : belle chevauchée rocheuse alpine en été et passe par le lac et refuge du Chardonnet, fermé. Nous retrouvons la mème ambiance aux couleurs sahariennes... Comme une méharée de traversée à ski de l’Erg Chebbi...Effet du hasard, près d’une bergerie abandonnée,nous croisons un panneau « Tombouctou » planté sur le GR57, ironie du sort ! As-Salam !

Là aussi, le cirque du Chardonnet nous laisse entrevoir d’autres courses futures à ski vers la longue croupe qui se déroule de la Roche du Monetier jusqu’à la Tête de La Cassille : soit cinq kilomètres de vagabondage !

Vivement l’ouverture des autres refuges à la saison prochaine ! Pour d’autres prochaines découvertes « Fun » !

 

  Depuis le grand refuge de Laval, nous croisons ce matin de vendredi 5 mars l’itinéraire du Tour du Mont Thabor... Nom à la consonance biblique comme celui du désert du Sinai ; décidément cette croisière « jaune » nous colle aux skis ! Mais notre destination dévie vers le lac et cirque des Béraudes... De zigzags en zigzags, nos traces nous hissent jusqu’au Lac Sorcier, petit laquet invisible sous son manteau neigeux ; il marque la halte finale de cette grimpette. Beau panorama depuis ce col : avec sur notre gauche, la longue arête cornichée du Pic de la Moulinière (3073m), en face de nous, le grand couloir raide qui donne accès à la Pointe des Cerces (3097m) et vers l’Est se laisse deviner la croupe du Mont Thabor (3178m) gardé par sa chapelle ! Et avant de se défouler dans la descente du long vallon des Sagnes Froides, notre regard peut accrocher les hautes tours dolomitiques des Rochers de St Crépin avec sa main qui nous fait signe... Partis pour un « run » irrésistible de slalom entre vagues blanches et jaunes ! ! ! Pierre ayant une préférence particulière pour les jaunes... Se laisse-t-il guider encore par sa nostalgie de voyages de grimpeur au Djebel Rum en Jordanie ? Armelle et Daniel qui ont partagé ce voyage enchanteur en sa compagnie n’en sont que plus ravis ! ! !

  Et voilà comment se finit une journée de ski de rando... sur la terrasse ensoleillée du refuge, un verre de Pic Ombière en main ! (Picon Bière)

Hé ! Oui ! Certains géographes non avertis baptisent, à leur insu, d’un sobriquet rigolo leurs trouvailles ! ! !

 

  S’il est un massif qui plairait aux pêcheurs de truites, c’est bien celui des Cerces / Mont Thabor ; il suffit de déplier la carte pour cocher les confettis de lacs et laquets qui parsème généreusement sa géographie.

Ce matin de regel du samedi 6 mars, Pierre nous fait remettre les couteaux dès le départ du refuge de Laval à qui nous disons au revoir. Seule Isabelle qui s’est fait une blessure ne nous accompagne pas ; Pierre lui a conseillé de revenir à Névache par la piste de ski de fond, belle balade nordique de près de 10 km le long de La Clarée. Dommage pour une aussi bonne skieuse ! Mais raisonnable aussi ! La pente de sortie du couloir du torrent de la Cula exige mème le portage des skis pour les rescapés : François, Laurent, René, Armelle et Daniel...

Ce n’est qu’arrivé sur le Planiaud, au pied du Rocher de La Grande Tempête, que la pente s’adoucit et mène tranquillement au refuge Ricou. Mais là aussi, le Chergui et ses bouffées de sable ont encore frappé ! ! ! Pierre nous fait slalomer entre les prairies de crocus pour atteindre le lac du Serpent après avoir traversé celui de L’Aramon. Depuis ce belvédère, nous avons tout loisir de visualiser nos escapades des jours précédents qui se sont déroulées rive droite de la Clamée.

Joli coup d’œil depuis cette rive gauche évidemment... avec un travelling panoramique remarquable depuis le seuil des Rochilles jusqu’à la Roche Gautier penchée au-dessus de Val des Prés, premier village de la vallée de la Clarée. Dernières pentes et derniers « runs » concluent cette semaine méditerranéenne... avec une touche saharienne ! Mais sans le tajine du soir !

Bah ! C’était bien « Fun » quand même !

 

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