Carnet de route

Rando alpine Suisse 07/19

Le 01/07/2019 par GOUALOU Daniel

Séjour Randonnée Alpine – Tour du WILDHORN
Canton suisse du Valais – du 7 au 12 juillet 2019
Club Alpin Français du Pays de Lorient

Quand un randonneur... devient un Wanderer ! C'est qu'il vient de sortir son couteau suisse pour le pique-nique ? ou qu'il a décidé de partir « vraiment, mais alors vraiment » à l'heure ? Comme les Suisses... qui prennent leur temps, malgré tout ce qu'on raconte ailleurs comme bêtises sur leur compte !
En tous cas, pour cet été, on s'est bien mis à l'heure d'été... Ce qui nous conduit à entreprendre ce Wandertouren qui tournicote autour du WILDHORN, bien connu des skieurs ; après celui du WILDSTRUBEL, plus aisé et réalisé en juillet 2018... celui-ci s'adresse à des Sehr Gute Wanderers (expression suisse allemand) ou très bon marcheurs (expression romanche ou française) expressions qu'il nous faudra conjuguer sur le terrain. L'itinéraire se partageant entre les deux communautés.
Ce dimanche 7 juillet voit cependant 2 patrouilles indépendantes de Breizh Wanderers se rejoindre finalement au refuge de PRAROCHET, situé à la « frontière »... Etonnant phénomène : une « cabane de pierre » édifiée par un Ski Club, celui de Savièse, petite bourgade située au-dessus de SION ; cette formule est assez fréquente en Helvétie, tant le poids numérique de skieurs surpasse souvent celui des randonneurs ou alpinistes ; mais l'accueil est orageux : pas celui de la gardienne Tatjana tout à nos petits soins, mais du ciel plombé comme une forge qui se retient d'éclater... Ce qui finira par arriver : un feu d'artifice de couleurs dantesques ! Merci à la croix-paratonnerre du refuge qui conduira cette colère des « dieux du ciel » aux tréfonds du lapiaz de TSANFLEURON... En effet nous nous sommes baladé cette après-midi, sans le savoir, sur un glacier de pierre aux crevasses encore bouchées par les névés ! Attention aux chausse-trappes... de cet univers lunaire...
Lundi 8... Départ compromis pour le breizh wanderer Alain dont la galoche gauche vient de rendre « la semelle » au bout d'une heure... Heureusement, une autre paire de « pompes » fera son apparition du sac de Daniel pour la remplacer... Un rechapage en urgence n'est pas toujours possible, surtout à une heure de route du premier cordonnier de la vallée ; coup de sueur froide pour notre riantécois... Avant le coup de chaud de l'ascension de l'arête de l'Arpille et du sommet de l'ARPELISTOCK qui nous attendent... 800 mètres de dénivelé typé course de côte... pour chameaux ! ! !
Ce premier 3000 sait se faire gagner – La montagne, ça se gagne ! Comme le dit la pub ! Mais nous fait basculer de francophonie en germanophonie... Voir tibétophonie... Heureuse et surprenante rencontre de se trouver « museau à museau » avec des yaks qui paissent au pied de la Cabane GELTEN ! Les vaches d'Hérens combatives chercheraient-elles de nouveaux partenaires de combat ? Plus à la hauteur ? Là, ce n'est pas gagné pour elles ; vu le profil himalayen des concurrents !

Mardi 9... Faire et défaire son sac : tout un poème dans l'accomplissement de ce rituel... Mais aujourd'hui, ce sera plus cool et le sac paraitra plus léger ; avec la perspective de se la couler douce sur les alpages sans devoir monter à 3000. Place donc aux botanistes « en herbe » et merci aux spécialistes - wanderers Nelly et Armelle de nous faire découvrir les parterres colorés d ‘anémones pulsatiles, d'arnica et de gentianes de Koch... qui n'auront pas été foulés par la gente à sabot qui étale son troupeau sur les coteaux. Ici, c'est le royaume de la Simmental, la reine bernoise de l'alpage... La crème des vaches et le fleuron des concours de laitières suisses... Dommage qu'il n'y ai pas de cacaoyers en Suisse... On aurait alors du chocolat d'alpage d'été... Comme le beaufort d'été en fromage ! ! ! Nous nous arrêtons cependant au chalet de Stieretungel pour une pause-café servi sur la nappe à carreau... 11 semaines de garde et de traite pour préparer les futurs Apenzellers et Emmentalers qui font la réputation de la vallée de LENK...
Mercredi 10... Hier soir le miroir azur du petit lac Iffigsee a disparu dans les brumes comme un loch écossais ; la Cabane WILDHORN a joué les fantômes dans son « glen » et la crapette a laissé ses joueurs dans les limbes d'un songe « d'une nuit d'été ».
BEN le chien des gardiens a retrouvé sa niche comme les poules dans l'attente d'un autre jour ; mais ce matin, dès 5 heures, ça s'ébroue sur la terrasse... Sans coq pour prévenir la petite cour, des courageux encore engoncés dans leur doudoune... cillent leur regard vers l'horizon des montagnes de l'Oberland... pour capter le réveil de l'astre du jour ; la magie de l'aube inonde le grand vallon de l'Iffigtal ; d'abord s'illumine le Chilchli avec ses courbes ocres, puis le Niesehorn avec ses creux verts et enfin le Schnidehorn avec sa muraille grise et noire... C'est justement lui à qui nous devons rendre visite aujourd'hui !
Valdéri ! Valdéra ! Valdéri ! Valdéra ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Nos valeureux wanderers ont pris hardiment le chemin de la moraine qui les entraine jusqu'au col du Schnidejoch ; cette haute brèche perchée à 2755m d'altitude nous dévoile la majesté des hautes cimes de la couronne des 4000 du Valais qui s'étale en face : du Mont Rose au Grand Combin, se déploie la hardiesse des Alpes pennines scintillantes de leurs glaciers comme des miroirs aveuglants et soulignant la courbe sombre de leurs faces rocheuses insondables... Du sommet du SCHNIDEHORN (2947m) notre petit 3000 du jour, il est possible de deviner la face nord de l'Ogre (l'EIGER) dont l'ombre fait encore frissonner...
Mais le col des Eaux Froides nous tend les bras et nous invite à une balade « jeu de piste » ou les pas sont guidés de lapiaz en névés ; un bord à suivre la tangente à la courbe des 2600 m, eu suivant le yoyo de l'altimètre... Pil ! Poil ! Gagné le col... Et la cabane des AUDANNES ; nous voici de retour en francophonie !

Jeudi 11... Voici le jour J aussi pour les breizh wanderers ; notre Ogre du jour, skié l'an passé par des breizh skieurs, se pare déjà de soleil à notre réveil... Le Mont Sauvage... WILDHORN... est accessible par son glacier du « dos d'âne » ! Non ! Des Audannes ! Heureusement le couloir sud, assez encaissé, est encore tapissé de névés qui amènent en douceur vers le plateau supérieur... Armelle et Daniel, les Breizh skieurs, passent cette fois-ci sans conversions ; le manteau neigeux d'avril 2018 avait nécessité de tailler des marches dans la glace pour sécuriser cette acrobatie... Rigolo cette fois-ci de se retrouver au pied de la croix valaisanne, au sommet : 3247,60 m... L'an dernier, nous étions 1,50 m au-dessus... Mais le même bonheur ! ! !
Voilà : la conquête des sommets, ça ouvre l'appétit... Une gamelle pantagruélique de Rostis saura combler ce « vide sidéral » des estomacs... Et une nouvelle crapette dérider les langues ! ! !

Vendredi 12... Ouf ! Ouf ! Ouf ! Nous ne sommes pas le 13...
Et ça tombe bien... Car d'après les infos de la gardienne Laure, notre itinéraire du jour : le Col des Audannes est encore impraticable pour les wanderers non équipés... Mais les breizh, eux , ont prévu le coup ! Baudrier, piolet, corde et tutti quanti sortent du sac pour installer un téléphérique éphémère et franchir les névés « dans le pentu » ! Gérard servant de gare inférieure et Daniel de gare supérieure : les navettes fonctionnent à merveille et notre équipage a rejoint, sans encombre, l'autre rive des Grands Gouilles... Dernier coup d'oeil vers le Mont Blanc au croisement de l'arète de l'Arpille, notre cote à chameau que nous retrouvons, cette fois-ci , à la descente...Mais , du coup , nous ne savons plus s'il faut marcher à l'amble ou au trot ! Les breizh wanders peuvent lâcher leurs sabots comme ils le sentent...
Valdéri ! Valdéra ! Valdéri ! Valdéra ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !


Signé : Framboise, Armelle, Nelly, Alain, Gérard et Daniel

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