Carnet de route

Séjour rando alpine en Suisse juillet 18

Le 01/07/2018 par GOUALOU Daniel

Séjour Rando Alpine – Massif du WILDSTRUBEL
du 2 au 6 Juillet 2018
Club Alpin Français du Pays de Lorient

Après le Wildstrubel . . .à ski . . . Voici le Wildstrubel . . . à pied ; enfin avec des crampons aux pieds , quand mème ! Cette Rando Alpine programmée sur la trace d'avril laissée par des skieurs lorientais aura eu un autre parfum d'aventure . . . Et laissé aussi des traces . . . dans les mollets et pour certaines dans les chevilles !
Le TEAM d'été s'est donné comme défi de gravir certains des 3000 de ces Alpes Valaisannes un peu oubliées , car à l'ombre des Grands 4000 voisins plus racoleurs ! c'est ce critère de « wilderness » qui a motivé Daniel , le GO de service , quand au choix de ce massif . . . Sauf qu'en débarquant le premier jour à la Cabane Lammerenhutte , une colonie d'une 20taine d'ados suivait un stage de Alpinschule ( Ecole Alpine) sous la bienveillance de leurs Bergfurhers ; mais un peu de jeunesse apportait une fraicheur de vivre agréable à entendre et l'ordre suisse veillait sur eux ! ! ! Bonne acclimatation auditive au lunch du soir !
Mardi 3 Juillet : Journée d'acclimatation aussi pour nos élèves gaulois moins à cheval sur l'heure de réveil :on avait pas avalé une pendule. . . suisse pour autant ! En guise de préparation aux 3000 , nos cordées remontent la Lammerengrat à la poursuite des bouquetins et chamois ; bel itinéraire en balcon perché au-dessus du Daubensee ( lac du Dauben) ; petite escalade avant de déboucher au ROTE TOTZ qui du haut de ses 2848m , fait redresser les tètes vers la silhouette abrupte du STEGHORN voisin (3146m) et laisser le regard se perdre vers la large vallée de KANDERSTEG ou l'Alpbach dégringole en tourbillons . . . Les pyramides du RINDERHORN ( 3448m) et du BALMHORN (3698m) dévoilent leurs faces nord encore enneigées qu'on imagine déjà avec les skis aux pieds . Prochains « runs »du prochain printemps ? Les spatules démangent déjà d'envie Armelle et Daniel . Ceci dit , faut bien redescendre sur le Lammerenplaten ; du coup , chacun reprends son piolet fétiche pour apprendre à controler son équilibre et sa vitesse dans les névés plus ou moins pentus qui traversent les barres rocheuses conduisant au petit Lammerensee et ses tétards ! Après ces exercices « imposés » par le Bergfuhrer gaulois , voici venu le temps de la joyeuse récrée aussi pour nos élèves de la « gauloise alpinschule » ; une barre rocheuses calcaire avec de belles cannelures nous invite à une séance d'escalade . . .histoire de prendre confiance dans la corde et ses manœuvres et se laisser pousser des ailes ! ! ! Bravo à nos randonneurs , devenus un brin escaladeurs !
Mercredi 4 Juillet : Ca y est , la météo semble correcte aujourd'hui . . . Vaut mieux car notre premier 3000 : le ROTHORN ou Mont Rouge s'est déjà empourpré au lever du soleil : il rougit déjà d'envie de voir nos silhouettes sur son épaule ; de belles écharpes de neiges encore présentes nous facilitent un accès aisé vers le Lammerengletscher ( glacier ) ; cette fois-ci , les cordées s'organisent : Janine et Anne avec le Bergfuhrer gaulois ; et les cordées « volantes » Françoise avec Alain et Nelly avec Armelle ! Cette ascension permet de visionner toute l'ampleur du Cirque du WILDSTRUBEL dont nous apercevons enfin la coupole étincelante au nord . Un inconnu à découvrir : le Schneejoch ou petit col d'accès au plateau sommital ? Une grosse rimaye et un court passage d'escalade dans des schistes détritiques , mais pas trop raide , nous délivrent du glacier . Changement d'ambiance depuis avril dernier : apparemment les faces ouest de ces 3000 se sont dégarnies de neige . . . On se croirait sur le Ventoux en plein été ; avec les cyclos en moins ! Alain n'est pas dépaysé ! Mais , comme il a un petit vélo dans la tète , il est ravi ! Bravo au TEAM d'été pour cette première !
Depuis notre Mont Rouge . . . Nous prenons toute latitude pour égrener les noms connus des grands 4000 qui nous font face : Mont Rose , océan de glace , un peu palot à cause de la brume estivale , l'arète franche avec son grand gendarme du Weisshorn  , la point bifide du Bishorn , la pyramide emblématique du Cervin et la Dent Blanche tapie comme un félin . . .Mais , notre navigation n'est pas finie ; après les agapes « sur le pouce » , notre glissade vers le Glacier de la Plaine Morte nous amène sur la rive d'un lac glaciaire qui rappelle les rivages du Groenland au moment de la débacle printanière : belle surprise polaire ! Mais qui cache une autre surprise : il faut bien se mettre en évidence : si on veut garder le cap pour franchir cette mer des sargasses gelée de plus de 6 km de long , il va nous falloir louvoyer . . . La rapide fusion estivale de la neige a transformé le glacier en un clapot furieux de pénitents figés ! Notre arrivée au bout de 3 heures de cabotage nous laisse presque un goût de mal de mer en franchissant le col du Wisshorelucke ; délivrance : la Cabane Wildstrubel , postée comme un phare devient notre bouée . . . Genoux et chevilles en compote ! Et le casque de travers ! On a jamais vu des matelots en cet état d'ébriété ! Vive le Rostis promis ? Et la petite bière vent arrière . . .Bravo au TEAM d'été pour cette traversée tumultueuse de la Mer Rouge ! Après le calme olympien du Mont Rouge !
Jeudi 5 Juillet : Bon , va falloir ressortir les avirons pour refranchir en partie ce clapot de La Plaine Morte ( étrange nom à consonnance biblique ) ; mais la perspective de gravir le Monarque des lieux nous redonne du coeur à l'ouvrage : le Wildstrubel et son arète Ouest en pente douce ( le TEAM d'hiver l'avait bien gravi skis aux pieds en partie) ressemble à un gros dos d'éléphant et son orientation permet une ascension à la fraiche . . . Mais Gros Temps bien frais aussi à la croix du sommet qui disparaît rapidement après les photos souvenir ! A peine le temps de jeter un coup d'oeil sur la vallée de la Simmental , et la bourgade de LENK , au nord . La trace furtive de la descente se laisser à peine deviner dans la brume qui s'épaissit ; en fait , l'orage prévu nous rattrape sans coup férir dans la descente du Mittelgipfel : gros flashs , déflagration et grèle nous plongent soudainement dans un univers assourdissant : les tambours du Bronx résonnent sur nos tètes !
Et le paysage prend ses couleurs hivernales , au coeur de l'été . . . Heureusement , quelques éclaircies permettent d'orienter nos pas vers la moraine finale qui plonge vers la croupe du Lammerenhorn . Notre arrivée à la Cabane Lammerenhutte nous laisse sur son quai comme un bateau ivre ! ! ! Comme nous , un équipage anglais essore ses vètements et cordes trempés et commande son rostis et sa petite bière vent arrière !
Vendredi 6 Juillet : Ce matin , la corne de brume est encore de sortie . . . au milieu des grandes écharpes de nuage qui s'effilochent sur les crètes du Schwarzhorn et du Daubenhorn que nous avions prévu de gravir . . . Et les gros nuages noirs qui s'ammoncellent dans la Brèche de la Gemmi n'annoncent pas d'amélioration . Bon ! c'est la montagne qui commande ! Clic ! Clac ! Nous filons vers la Gemmi et son téléphérique salvateur . . .qui nous fait plonger à travers les nuées ! Les senteurs d'alpages surprennent à nouveau nos narines et nous ressortons le short comme des gamins . . . au village de Leukerbad . En consolation , Nelly nous entraine à la Fondation GIANADDA , à Martigny . . .Pour nous imprimer de la noirceur des tableaux du peintre français Pierre Soulages . . . Noir , c'est noir !
Avec des nuances de noir . . . Bonsoir !

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CLUB ALPIN FRANCAIS PAYS DE LORIENT
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