Carnet de route

Le CAF de LORIENT à CHAMONIX (Juillet 2012)

Le 30/07/2012 par Jean Eudes

10 grimpeurs du caf de Lorient se sont retrouves sous le soleil au camping de SERVOZ a l'entrée de la vallée de Chamonix sur les bords de l'Arve, au pied de la chaine des Fiz.

Ce camping non bondé, plat, herbeux, géré de mains de maitre par Alexandre un grand noir bien inséré dans la vallée (contraste contraste) nous fait découvrir au petit matin mais aussi au coucher du soleil le mont blanc et l'arête de Bionnassay, au delà des 4000 m.

"grand beau" donc, durant une semaine ce qui est aussi un contraste a Chamonix ... pas pour nous déplaire bien sur même si le constat des plus anciens est le très net recul des glaciers ....

4 personnes découvrent la vallée

le programme est celui d'une escalade rocheuse en chausson dans des voies de moyenne montagne voir cerise sur le gâteau une ascension en milieu de semaine en haute altitude (pour voir !!!)

        Des le dimanche les cordées se forment (4) pour le sommet de la Charlanon : ce sont des voies de 200 m l'une en 6a, l'autre plus facile en 5c mais un peu plus longue. Notre démarrage est un peu "gaulois", dispersé, et dynamique mais totalement désorganisé ; comme on "connait" on a pas pris la carte... trop simple et évidemment ce matin la sur le plateau de Plan Praz dans les aiguilles rouges il fait du brouillard. Après 2 erreurs de chemin et un stagiaire perdu .... on se regroupe et on monte a vu dans des pentes herbeuses raides vers notre aiguille.

Haletants, arrivés au pied, force est de constater qu'on est pas du tout au bon endroit... mais aux clochers des clochetons...devant la voie cochercochon ..ca commence bien

        Même si les 2 groupes qui se forment finissent une heure trente plus tard par rejoindre le bas de la Charlanon , l'une des équipes faisant ami ami avec un grand bouquetin, cette erreur d'itinéraire va nous mettre dans le rouge comme c'est classique. nous verrons plus tard les conséquences . le métier rentre.

                Tres vite Olivier et Mélanie attaque l'éperon de gauche suivi par Germaine Sylvie et Jean Eudes, tandis que les 2 autres cordées : Emma Pascale Eric et Mathieu Maud démarrent dans "75 cts de plus".

Mélanie ne trouvant pas la voie assez dure va partir sur une variante sous un toit, sans équipement ...,et elle réussi a passer et même a revenir...ah le sens de l'itinéraire ca s'apprend par les erreurs et en montagne ca parait passer partout.... pendant ce temps les cordées de "75cts de plus" sont dans la traversée en 6a longueur clé de la voie avec un pas de traversée surprise pas évident.

        Nous nous rejoignons au sommet de la 2de voie . Vu le retard du matin il est gd temps de descendre mais 10 personnes dans les rappels (alors que déjà le premier rappel s'avère compliqué) se sera long. Jean Eudes décide de sortir l'éperon par la voie logique pour sortir sur l'arête et descendre a pied...

        Ce sera le début d'une longue galère . d'abord un rappel puis une traversée puis on ne sait pas ou ca sort, tout ca sur coinceurs et finir par un mur qui vaut bien 6a/6a+ et ensuite trouver le chemin de descente dans ces sentes piétinés par les grimpeurs mais surtout les chamois et bouquetins c'est encore long...et puis quand on a pas l'habitude les micro sentes qui zigzaguent dans les pentes herbeuses , c'est long ,long, long et casse gueule....

        Au total alors que nos amis descendus en rappel on rejoint facilement le téléphérique leur permettant d'être en bas au bistro, c'est un peu épuisé et essoufflé que nous prenons d'arrache la "fameuse dernière benne". si on la loupe c'est bivouac la haut ou 1000 m de descendre (très bon pour les genoux) !!!!

Lundi dalles de Barberine

        C'est plus calme pour certaines qui resteront en bas dans des dalles a pied cotées 4c qui valent bien 6a par endroit....de l'avis général.. sauf de quelques guides rigolos.

        Pour les 2 autres cordées c'est 6c a 6b+ sur plusieurs passage dans "Sylvie phobie" et un gros 6b musculeux pour l'autre cordée dans une voie qui n'était pas ce qu'on cherchait c.a.d. vipère au pied. 200m d'escalade de bon niveau en vue du massif du mont blanc encadré par un écrin de verdure.

MARDI CALCAIRE DES ARAVIS

        Nous décidons d'aller au col de la Colombière près du Grand Bornand cher a Pierre et Danielle M. Après encore qq erreurs d'itinéraires pour arriver au col, nous suivons une jolie sente qui va monter entre fleurs et prairies vers des balcons vertigineux accrochés sous les sommets. Nous optons pour "tchao godillot" et la voie voisine ensemble de 5c qui s'avéreront comme dab plus près du 6a. Après le passage musclé d'un toit en 5c dès le départ et donc a froid, nous arrivons sur une cordée qui occupe la voie pour faire des photos pour le catalogue Petzl,...ils prendront leur temps, nous faisant patienter, certains fort aimables, d'autres fort dédaigneux. Bon pas grave l'escalade est magnifique dans un calcaire oh combien sculpté par vents et pluies (du pur Verdon) avec des cannelures à prendre en pincette et un équipement bon mais qqfois assez distant...hum.

        Après un mur raide, la sortie se fait en 6a+ ou en 5c selon l'option avant de finir la haut sur des dalles magnifiques pour notre plus grand plaisir . il fait beau, le paysage verdoyant des Aravis est d'un calme, mais il se fait tard après l'attente des photographes. Une erreur dans les rappels va nous faire perdre encore beaucoup plus de temps, et balancer quelques pierres, d'ou quelques mots échangés avec les photographes qui nous prennent de haut... dommage ca gâche un peu la journée. On finit au soir bien avancé après une rencontre avec qq bouquetins familiers et généralement plus responsables des chutes de pierre du secteur.

MERCREDI REPOS et dalles des chézeris

repos pour certains,

        Pour grimper sur les dalles des chezeris situés au dessus du village d'argentiere en face de l'aiguille des drus et de la verte, il faut 3/4 h d'approche mais la rando a midi sous le cagniard nous épuise. Il fait très chaud dans la vallée et bien sur comme tout les jours on se trompent de chemin ce qui rajoute une bonne demi heure...ca n'est que la 4ème erreur en 4 jours. Les dalles a pieds sont bien équipées avec qq passages raides (n'est ce pas maud et Mélanie ?). Mathieu et Jean Eudes en profitent pour tester les friends neuves, achetées le matin en grimpant avec le minimum d'ancrages a demeure. On se prépare pour le lendemain.

JEUDI : grimpe en haute altitude

        Du somment de l'aiguille du midi et après le passage sur l'arête effilée et très vertigineuse

        Eric, Mélanie et Mathieu vont s'attaquer a la fameuse voie mythique en 6a la "REBUFFAT". Ouverte par le célèbre alpiniste, elle sillonne intelligemment la face sud de l'aiguille du midi entre 3500 et 3800 m d'altitude,dans un granite compact et un peu orangé tout a fait magnifique. Elle se termine sur les balcons touristiques 300 m plus haut . Il faut monter dans le sac, les grosses chaussures, le piolet et les crampons ce qui alourdit et rend la progression plus difficile. L'équipement est sobre c'est le moins que l'on puisse dire et les friends ou coinceurs indispensables. L'itinéraire est complexe surtout si on a la chance de ne pas avoir d'autres cordées devant . Bravo a nos trois grimpeurs , qui reprennent un itinéraire déjà parcouru par d'autres alpinistes du club il y a près de 20 ans....

        Pendant ce temps 2 cordées traversent gentiment dans un paysage sublime au pieds des grands sommets le plateau du Géant : c'est un immense glacier crevassé en pente descendante, dans le frais du petit matin ...personne c'est génial on devrait être seul dans la "pyramide du Tacul" petit somment de 200 m situe bien en dessous du mont blanc du Tacul. Les couloirs de neige sont tout en glace en particulier le fameux Gervasutti.

        Mais surprise a l'arrivée a l'attaque de la voie non seulement la rimaye (gde crevasse avant le rocher) est difficile et dangereuse a traverser, mais il ya bien une dizaine de cordées prêtent à grimper, venant de droite et de gauche. Nous ferons donc la queue et devront être patient. Les passages de rocher sont magnifiques, faciles a protéger avec les coinceurs. Nous faisons nos propres relais vu le taux d'occupation des relais fixes..et ca se croise et ca se dépasse .Olivier Germaine et Jean Eudes Emma pascale. Mais l'heure tourne et s'il ont veut attraper la fameuse "dernier benne" de 18 h il va falloir descendre sans avoir atteint le sommet. On a cependant passé le passage de 5. En dessous la mer blanche du glacier du géant chauffe au soleil et scintille rendant plus éclatant le granit orangé.

        Les rappels seront folkloriques car devant nous une cordée "baba cool" qui prends son temps...et qui perd celui des autres, se trompent, installent des rappels dans des endroits a risque.... Olivier viendra délivrer Jean Eudes de ce piège et tous 2 nous rejoindrons la bonne ligne de rappel grâce a un joli pendule a 2 sur la corde... sympa a 3400m

        En bas c'est déjà tard et il va falloir marcher pour remonter les 800m sous la chaleur, dans une neige molle, avec la pression et peu d'eau...Olivier Emma Pascale arrive facilement . Ce sera plus juste pour la cordée Jean Eudes germaine qui arrive épuisée a l'aiguille du midi...ouf que c'est dur ...pour prendre la dernière benne ENCORE...finalement on a de la chance car une nuit dans les couloirs de l'aiguille du midi c'est fun mais c'est froid

VENDREDI

        Déjà le dernier jour de cette très belle semaine, Emma, Pascale et Eric nous quitte pour rejoindre d'autres grimpeurs du club a Ailefroide dans les écrins. Nous partons pour une voie perdue dans la nature du vallon a Bérard. c'est un endroit bien connu des skieurs de randonnée qui traversent les aiguilles rouges et arrivent a rejoindre ainsi Vallorcine puis Chamonix.

        Jolie progression parmi fleurs et mélèzes le long du torrent et de la cascade puis une petite sente dans la végétation nous conduit  à "l'ile aux razmokets" longue de 200 m en 8/9 longueurs dont 2 de 6a. Elle évolue toute en dalle et sans effort sous le soleil dans un vallon champêtre. C'est donc du décrassage pour les rescapés de la semaine... et cette fois ci sans erreur d'itinéraire ni cafouillage de rappels nous sommes en bas au torrent pour piqueniquer et se baigner vers 14 h...le métier est donc rentré

 

        C'était une première chamoniarde (quand même un des plus beau paysage de montagne) pour 4 des participants; la "Rébuffat" sera la cerise sur le gâteau, les erreurs d'appréciation et d'itinéraire ne pardonne pas et te mette dans le rouge, les rappels ne sont pas toujours le meilleur moyen de descendre (pierres ou cailloux), la "dernière benne" a été indulgente mais a hanté les esprits, l'ambiance du club reste toujours très sympa et les moments de convivialité super au camping le soir...merci a tous (car c'est avec tous qu'on fait cordées et montagne) .

 

 

 

 

CLUB ALPIN FRANCAIS PAYS DE LORIENT
CITE ALLENDE
BAL 88
12 RUE COLBERT
56100  LORIENT
Activités du club